La Scierie Bourdeu

A quelques mois de l’inauguration des nouveaux bâtiments de la Cave

Coopérative qui abriteront le centre d’embouteillage et d’expédition, revenons

quelques années en arrière pour parler de la scierie Bourdeu qui a occupé les

mêmes lieux pendant quasiment un siècle.

Avant la première guerre mondiale

Tout a commencé avec Pierre Betmon, dit «Bamboche», vers 1860. Originaire de Rébénacq,

il était l’arrière grand-père de Fernand Bourdeu, dernier dirigeant de la scierie.

Pierre Betmon allait de coupes en coupes avec quelques bûcherons ; il abattait et élaguait

les arbres dans les forêts autour de Gan. Des scieurs de long débitaient ensuite les troncs

sur place car il n’y avait pas de scierie à l’époque et, avec leurs charrettes, des bouviers

amenaient le bois débité sur le bord de la route ou à la gare. Le meilleur bois permettait

d’approvisionner les menuisiers et fabricants de meubles locaux et, dans la partie la plus

noueuse, étaient taillées des traverses pour les chemins de fer. C’était l’époque de la

construction de la ligne Pau-Canfranc.

Pierre Betmon habitait en face de la mairie. Une de ses filles, Marie-Jeanne, tomba

amoureuse de Jean-Louis Bourdeu, originaire de Montaner. Ce dernier était instituteur à Gan

et exerçait dans la salle actuelle du Conseil Municipal. Il communiquait avec Marie-Jeanne

par des messages qu’il écrivait au tableau noir pour qu’elle puisse les lire depuis sa fenêtre.

Ne s’entendant pas avec son futur beau-père, ils quittèrent Gan pour s’installer au Haut-de-

Bosdarros. Au décès de Pierre Betmon en 1895, Jean-Louis prit sa succession et créa la

scierie de Gan. Avec une petite chute sur un canal alimenté par le Néez et une turbine, il put

faire du courant électrique. Ainsi naquit la scierie Bourdeu.

Entre les deux guerres

Jean-Louis mourut en 1922, à 52 ans, laissant cinq enfants. Ses deux fils Fernand et Roger

prirent alors les rênes de l’entreprise. Attention de ne pas les confondre avec ceux de la

génération suivante : Fernand fils de Roger «de la ville » et Roger fils de Fernand « de la

gare » !

Une société, « la Franco-Gabonaise des Bois » fut créée en 1930 ; c’est à cette époque que

Roger et sa femme Louise partirent quelques années au Gabon pour exploiter et abattre des

essences de bois exotiques. En 1938, une nouvelle société, « les Etablissements Bourdeu

Fernand & Roger», voit le jour.

Après la deuxième guerre mondiale

Roger qui fut aussi vice-président du Gan-Olympique lors de sa création en 1946 tomba

malade. Il décèdera à 49 ans en 1949. Dès 1947, son fils Fernand et son neveu Jacky, qui

avaient tous les deux 17 ans, abandonnèrent leurs études au lycée Louis Barthou pour

prendre la succession de l’entreprise.

Jacky décèdera en 1976 à l’âge de 46 ans et Fernand assurera seul la poursuite de

l’exploitation.

La scierie fut, dans les années 80, la 13ème plus grosse entreprise exportatrice d’Aquitaine.

Avec les bûcherons et les débardeurs, elle employait plus de 40 personnes.

Fernand décèdera en avril 2000 et l’usine fermera peu de temps après en 2001.

 

Daniel Trallero