Pierre de MARCA (1594 – 1662)

 

Difficile de résumer en une page une vie aussi remplie et aussi dense que celle du plus illustre de nos Gantois. D’une vive intelligence, excellent orateur et très érudit,

il côtoya les rois Louis XIII et Louis XIV ainsi que les cardinaux de Richelieu,Mazarin et de Retz.

Une présence béarnaise jusqu’en 1641.

Pierre de Marca naquit à Gan le 24 janvier 1594 sous le règne d’Henri IV. A neuf ans, ses parents

craignant pour sa foi au contact des calvinistes,l’envoyèrent au collège des Jésuites à Auch. Puis

il choisit la toge et s’en fut étudier de 1610 à 1615le droit à l’Université de Toulouse.

Docteur à 21ans, il s’inscrivit au barreau de Pau où ses talents oratoires lui valurent d’être nommé Conseiller au Conseil Souverain de Pau. En dehors du français, il parlait et écrivait couramment le latin, le grec, l’espagnol, le béarnais et plus tard le catalan.

Suite à la visite du Roi Louis XIII à Pau en octobre 1620, Pierre de Marca devint Président du

Parlement de Navarre. Entre temps, en juin 1618, il épousa Marguerite de Forgues, femme

d’une grande beauté. La vie des nouveaux époux fut toute en harmonie mais cette idylle se

termina en avril 1631 quand sa jeune femme mourut brutalement après lui avoir donné

quatre enfants, un garçon et trois filles.

En novembre 1631, Pierre de Marca fut nommé Intendant de la Justice, de la Police et des

Finances et devint ainsi l’un des hommes les plus importants de la province. Mais après le

décès de sa femme, son désarroi et sa détresse furent tels qu’il ne put apaiser sa douleur

qu’en reprenant ses études et en revenant à l’idée de se diriger vers le sacerdoce.

De1631 à 1640, dans un labeur incessant, il se lança dans des recherches historiques qui

aboutirent à son « Histoire de Béarn ». Cette oeuvre maîtresse est encore aujourd’hui la

référence unique sur l’histoire du Béarn avant le 14ème siècle.

Sa réputation allant tous les jours grandissant, Pierre de Marca fut nommé en 1640

Conseiller d’Etat par Louis XIII mais en 1641, au décès de son père, il se décida à

embrasser définitivement la carrière ecclésiastique.

Une présence religieuse et politique en France jusqu’à sa mort en 1662

En décembre 1641, Louis XIII le nomma à l’évêché de Couserans mais Rome ne confirma

pas cette nomination à cause de son ouvrage « De Concordia » où il affichait des thèses trop

libérales. Et ce n’est que tardivement, en 1648, après adaptation de cet ouvrage que Pierre

de Marca fut confirmé à cet évêché par le Vatican.

En 1644, il fut nommé Visiteur Général de la Catalogne où il restera sept ans. Il travailla

alors à l’écriture de son autre grand ouvrage « Marca Hispanica », aussi important pour la

Catalogne que le fut son Histoire de Béarn pour nous.

En 1652, Pierre de Marca fréquentait assidûment la Cour et Louis XIV le nomma à

l’archevêché de Toulouse. Son habileté politique lui valut aussi un brevet de Ministre

d’Etat et, en 1659, le cardinal de Mazarin fit appel à lui lors du Traité des Pyrénées pour

animer pendant près de deux ans les discussions pour délimiter la frontière de la partie

orientale qu’il connaissait parfaitement.

Suite à tous les services rendus à la couronne, Louis XIV convoqua Pierre de Marca en mars

1662 à Fontainebleau pour lui annoncer sa nomination à l’archevêché de Paris en

remplacement du cardinal de Retz. Mais une implacable maladie l’obligea à s’aliter peu

après et il ne se releva plus. Sa confirmation d’Archevêque de Paris par Rome arriva le 26

juin et Pierre de Marca mourut le 29 juin, jour de sa fête.

Daniel Trallero