LA CLEF DU GRAND JAZZ ? : LE BLUES !!!

Les thèmes sur lesquels les premiers musiciens de jazz ont improvisé

ont été en grande majorité des blues, car beaucoup d’instrumentistes ont

commencé par accompagner des chanteuses de blues et à se former à leur contact. Car il y a une VIE, une CHALEUR dans la voix des Noirs, qui sont absolument inconnues chez les Blancs ! C’est ainsi qu’ils ont élaboré leur discours, une manière spéciale de faire parler leurs instruments en adoptant les caractéristiques essentielles de la technique vocale de ces artistes, qui, voix noire oblige, possédaient un large vibrato, utilisaient des notes longuement tenues, des inflexions qui permettaient une très grande expressivité, une chaleur unique. Tout au long de l’histoire du jazz, le blues a été un thème fétiche pour beaucoup Non seulement les solistes, mais les grands orchestres aussi ont largement utilisé le blues et les Duke Ellington, Count Basie, Lionel Hampton, Buddy Johnson,…ont écrit et joué des compositions, des

arrangements sur les mythiques douze mesures du blues ! Certains de ces orchestres possédaient dans leurs rangs des chanteurs de blues qui ont beaucoup oeuvré pour la diffusion et la popularité du blues !

Longtemps des auditeurs de jazz pensaient que blues était une autre appellation pour désigner des slows qui étaient joués sur tempo lent. 

Maintenant on sait, il faut l’espérer, que le blues est un morceau qui peut être joué aussi bien sur tempo lent que médium ou vif. Il fallait bien le préciser, en rappelant que ce thème, plus vieux que le jazz, s’est

répandu dans la communauté noire depuis la fin de l’esclavage au 19ème siècle, pour prendre sa forme définitive avec une séquence, une progression harmonique d’une logique exemplaire, permettant aux

exécutants les envolées les plus belles. Ce blues s’est fixé finalement à douze mesures au début du 20ème siècle, se décomposant en 3 parties de chacune 4 mesures !C’est le thème basé seulement sur 3 accords, qui a, plus que tout autre,ses racines plongées profondément dans l’âme des noirs des USA. C’est le moyen le plus direct pour eux de faire part de ce qu’ils ressentent profondément. Les Noirs Américains en ont fait un tremplin magique qui a permis à des milliers de musiciens de s’approprier ces douze mesures et de pouvoir raconter une histoire différente de celui d’à côté ! C’est un

admirable cadeau que la communauté noire a fait au monde entier !

L’ART DE JOUER LE BLUES :

Pour un grand musicien, jouer le blues c’est se livrer entièrement, c’est faire émerger ce qu’il y a de plus sincère, de plus profond dans sa personnalité musicale ! C’est affirmer à tous ce qu’il est réellement, ce

qu’il ressent, ce qu’il veut nous faire partager ! Vous remarquerez qu’il n’y a jamais la moindre grandiloquence déplacée chez les grands joueurs de blues !Notre propos est de mettre en avant les musiciens de jazz qui sont les plus renommés et les plus exceptionnels pour jouer le blues, car on ne

joue pas le blues comme un autre morceau. La musique qui est exigée lors de l’interprétation d’un blues n’étant pas la même que pour tous les autres thèmes ! Les broderies trop brillantes, les grandes phrases jouées avec sentimentalité (je n’ai pas dit : sentiment !), les effets de virtuosité sont déplacés dans le blues, même plus, nuisent à la qualité de l’improvisation et sont même dérangeants pour l’auditeur averti. Lorsque l’on joue le blues il faut faire parler, clamer son instrument avec profondeur, âpreté, densité, avec un poids loin de la virtuosité, de la joliesse même et des effets faciles !Pour rapprocher, encore plus leur discours mélodique des inflexions de la voix humaine, les cuivres : trompettes et trombones utilisent des sourdines diverses qui en modifiant le son émis, donnent une plus grande intensité, une plus grande force expressive à ce qu’ils veulent exprimer.Les musiciens sont inégaux devant l’art de jouer le blues, certains l’ont d’instinct dans la peau, peut-on dire, d’autres, au contraire, même très bons jazzmen, ne parviennent pas à être à l’aise sur ce canevas harmonique, ils jouent le blues avec emphase, avec des intonations qu’ils utilisent lorsqu’ils brodent sur des ballades, et dans ce cas on est mal à l’aise. Mettons plutôt en évidence ceux qui sont de vrais maîtres du blues, ceux que ce thème oblige à donner ce qu’il y a musicalement de plus profond en eux, et qu’ils puisent dans leurs racines.Car n’est-il pas curieux que des centaines de musiciens aient improvisé sur des blues et que chaque fois le résultat soit différent d’un musicien à l’autre, car chaque artiste à sa manière personnelle d’aborder le blues et

d’y exprimer ses sentiments, ses émotions du moment, pour les transmettre à l’auditeur ? Chaque musicien a une manière bien à lui et unique de jouer le blues !LOUIS ARMSTRONG : Back O’Town

Blues est tiré d’un concert au Town Hall de New-York en Avril 1947 où Louis avec son fidèle batteur Big Sid Catlett, est entouré de quelques musiciens blancs. Dès les premières mesures on est stupéfait par la puissance et la beauté de la sonorité de Satchmo. Après ce premier solo, il chante quelques chorus de blues, là on est dans le blues grandiose par le Roi, parfaitement épaulé par la batterie de Big Sid ! Un document !!BUBBER MILEY est celui, qui vulgarisa largement l’emploi de la sourdine « wa-wa » et

le « growl ». Ses élèves furent, en premier, les musiciens de l’orchestre de Duke Ellington avec lequel il collabora jusqu’en 1929.Comment ne pas sélectionner la version Victorde 1927 de la fameuse Black and Tan Fantasy une des oeuvres les plus illustres de Duke Ellington, qui fit de lui, le Roi du « style

jungle ». Ce morceau écrit en collaboration avec Bubber Miley eut un retentissement considérable, et c’est Bubber en premier au cours de deux chorus, prouvant qu’il fût non seulement l’initiateur, mais aussi le maître incontestable de ce style. Après Duke au piano, c’est le tour de Tricky Sam Nanton qui

fait parler son trombone avec force aussitôt suivi de la trompette éloquente, expressive de Bubber. Nous avons là un des réels chefs-d’oeuvre du jazz ! Autre ellingtonien, le brillant et intrigant REX

STEWARTqui sait faire parler littéralement sa trompette, notamment sur le blues lent, par

exemple lors de Jug Blues, où son compagnon de l’époque Sandy Williams prouve lui aussi combien

le trombone est un instrument « taillé » pour le blues. Ils sont étonnants tous deux sur ce titre

enregistré en France en 1947.SIDNEY DE PARIS est certainement un des plus grands trompettistes que le jazz ait connu. Il excelle dans tous les registres, sur tous les thèmes, mais avant tout, c’est un formidable

orateur sur le blues. Voici un disque qui lui rend justice, où ce virtuose des sourdines, se sert par moment d’un simple verre à boire ( !). Cà et là il utilise le growl pour intensifier la tension avec laquelle il interprète ses interventions : Night Shif Blues ! Un magnifique artiste, un des plus grands que peu d’amateurs

mettent à sa vraie place, hélas !Nous avons dit que pour devenir le trombone qui a su le mieux faire parler, gémir, son instrument, grâce à l’emploi des sourdines,TRICKY SAM NANTON a bien suivi les

conseils de Bubber Miley. Pour le style « wawa », c’est bien Tricky Sam qui est la référence.

Sweet Chariot (1932) de Duke Ellington a un triple avantage, celui de nous permettre

d’entendre, bien sûr, Tricky Sam au cours de deux interventions splendides, mais aussi celui de nous présenter dans leurs oeuvres,

5

5

Cootie Williams à la trompette et plus brièvement Johnny Hodges au saxo-alto, répondant au vocal paresseux de Cootie. Le background plaintif écrit par Duke pour ses saxos est le parfait soutien aux solistes, et renforce l’atmosphère sombre et prenante du morceau !Pour VIC DICKENSON d’une magnifique séance de Février 1944 dirigée par Albert Ammons, choisissons Bottom Blues, Albert ouvre le bal par un chorus de blues exemplaire et Vic est là pour deux chorus où il utilise des notes étranglées,

expressives qui conviennent si bien à ce type de morceau, il est suivi par Don Byas au saxo-ténor et

c’est le tour de Lips Page remarquable orateur sur le blues avec sa trompette ! Avec Mezz Mezzrow, un des rares blancs à parfaitement jouer le blues à la clarinette, SIDNEY BECHET est une fois encore, triomphant, dominateur au saxo-soprano, tout au long de Gone Away Blues de 1945. Magnifique !

JOHNNY HODGES, est le plus grand des saxo-altos ! Comment décrire la musique de Johnny

Hodges ?? Céleste devrait suffire ! Dooji-Wooji (1938) s’ouvre sur une figure de piano lancinante

de Duke, Cootie avec la plunger-mute dialogue avec l’orchestre avant l’arrivée de Johnny qui

commence son solo par de longues notes tenues qui amorcent magistralement ses deux chorus.

Cootie a le dernier mot d’une bien belle façon !Pour le saxo-ténor, nous n’aurons que

l’embarras du choix ! Un des meilleurs est certainement BEN WEBSTER, aussi impérial dans les blues que dans  les ballades les plus mélodieuses ! Il improvise sur le blues avec une conviction et une éloquence rares,servi par une sonorité ample,somptueuse même, un vibrato chaleureux, un son énorme. Avec une

seule note, une inflexion, Big Ben ne peut que régaler d’auditeur ! Le voici en 1951 dans One Nighter Blues,véritable référence et exemple à suivrepour ceux qui veulent apprendre à faire parler leur instrument sur le canevas des 12 mesures !

 

Autre ténor dont la maîtrise sur le blues n’est plus à vanter, le texan BUDDY TATE qui fût pendant plus

de 10 ans vedette de l’orchestre de Count Basie. Le voici avec son orchestre dans Blue Buddy qui lui est

entièrement consacré, pourquoi devant un tel disque, faire le moindre commentaire ? C’est

parfait !Autre texan et voix majeure de son instrument, notre autre ami JEAN-BAPTISTE « ILLINOIS » JACQUET lui aussi un immense orateur sur le blues, comme au cours de Goofin’ Off de 1947. No comment

pour ce « preaching » définitif ! Son ami et successeur dans les rangs de l’orchestre

de Lionel Hampton, encore un surdoué membre des « texas-ténors », est le surpuissant ARNETT COBB !

En concert à Pau en 1974 il est souverain tout au long de Blues for Pau (Cobb’s Blues) avec Panama

Francis, Roland Lobligeois et Tiny Grimes. La vedette de l’orchestre de Jimmie Lunceford, JOE THOMAS a fondé à la fin des années 40, un petit orchestre le mettant souvent en valeur. Disons, tout de

suite, que c’est un exceptionnel interprète de blues ! Ampleur sonore, grandes clameurs, notes tenues vibrantes, font de lui un « bluesman » d’une rare efficacité, d’autant plus que sa sonorité au vibrato si

expressif n’est pas, par moment, sans évoquer la voix humaine ! C’est le parfait « prêcheur » de blues, comme au cours de Big Foot, de 1949 ! Après le solo de piano, il revient triomphant, écrasant !

Avec IKE QUEBEC, sonorité ferme et  opulente. En compagnie du maître de la guitare électrique Tiny Grimes, ils ont gravéensemble, un réel chef-d’oeuvre : Blue Harlem, où ils démontrent tous deux

combien ils maîtrisent l’art du blues. Après un solo d’anthologie de Tiny Grimes, Ike

Quebec développe un solo d’une rare intensité. Nous avons employé à propos d’artistes s’exprimant particulièrement bien sur le blues, le mot « preaching », c’est ce qui désigne la manière convaincante,

exaltée parfois, que les prêcheurs noirs utilisent pour secouer et convertir leurs ouailles. C’est cette conviction qui anime Ike Quebec toutau long de son solo.

7

7

Le pianiste COUNT BASIE, le modeste, est lui

aussi un remarquable « blues-guy » ! A Kansas-

City, le blues était roi et Basie en représentant

éminent de ce style ne déroge pas à cette

tradition. On le trouve en 1942 sur Way Back

Blues, le bien nommé, en compagnie de sa

prestigieuse section rythmique. Basie d’un calme

olympien, comme toujours, déroule son blues

avec sérénité, parfaitement soutenu par ses

partenaires, dont se détache parfois la basse de

« Big One ». Ils se baladent avec nonchalance et

leur entente tient du miracle !

Autre figure légendaire de la musique de Kansas-

City, PETE JOHNSON, une sommité sur le blues

au piano comme pour le

boogie-woogie. C’est le

genre de musicien que

l’on pourrait écouter

pendant des heures !

Nous le trouvons dans

Cuttin’ The Boogie

associé à son comparse,

l’autre grand du boogie,

le magnifique ALBERT

AMMONS. Leur entente,

leur complicité, cela tient du prodige ! Chaque

seconde de ce duo est à déguster, car jamais

deux pianistes n’ont atteint une telle fusion, une telle complémentarité.

Le pianiste BUDDY JOHNSON,

également compositeur, et arrangeur,

dirigea un orchestre de jeunes musiciens

qui, le succès aidant, eu une vie plus

longue que beaucoup d’autres. Sa

formation était très prisée des noirs des

états du sud des USA.

Un swing donnant des fourmis dans les

jambes à tous les fanatiques de la danse,

la recette est là, une pulsation énergique,

souple et stimulante entraînant les

danseurs vers la piste et voilà ! Beaucoup

semblent oublier que le jazz est une

musique de danse, car si : la musique

jouée n’a plus aucun swing = plus de

danse possible= plus de jazz du tout! Climat envoûtant, cohésion de

tous et piano lancinant du chef, tout cela pour un très beau Minglin’ ! Du

solide !

8

8

Le père du blues, à la guitare électrique,

le grand T-BONE WALKER, à la sonorité

somptueuse, unique, aux inflexions

intenses, à la souplesse de tous les

instants est à son maximum tout au long

de Blues For Marili ! Musique

somptueuse, chaque note est à savourer,

je ne peux cacher ici mon admiration,

mon enthousiasme ! Inoubliable ! On

comprend aisément pourquoi il a été le

modèle, l’idole de centaines de

guitaristes de blues et de jazz !

Autre incontournable pour jouer le blues,

le spécialiste de la guitare à 4 cordes

(usuellement c’est 6 cordes) TINY

GRIMES qui sait travailler les notes,

modeler les accords les plus intrigants et

les plus inattendus, avec maîtrise et

feeling. Et pourquoi ne pas se faire

plaisir avec un duo de choc, la rencontre

magique de Tiny Grimes et de Johnny

Hodges sur le blues lent, le bonheur au

cours de A Tiny Bit of Blues.

Certains excellents musiciens ne

figurent pas dans cette sélection, ils

n’ont nullement démérité, mais il n’y

avait pas de place pour tous les valeureux ! Quelle injustice dans une

telle entreprise, mais nous pouvons affirmer que les meilleurs des

meilleurs sont présents ici ! Ecoutez avec passion : le blues, ce

magnifique morceau, illustrant si bien, le génie musical des artistes noirs

de tous les temps !

Jacques MORGANTINI

Et en point final si on faisait le test de la démonstration par l’absurde,

chère aux mathématiciens ??? Voici Jappa de Johnny Hodges avec Ben

Webster et d’autres, à qui revient la palme de celui qui ne joue pas le

blues low-down, en fait qui n’a pas l’accent indispensable pour

improviser sur ce morceau particulier ???

Attention coup de règle pour ceux qui se trompent, mais personne ne

fera d’erreur !

LES FONDAMENTAUX DU JAZZ

 

« Le Jazz est la musique des AFRO-AMERICAINS »

 

Le JAZZ est la musique des noirs, descendants des esclaves importés d’Afrique aux 17, 18 et 19èmes siècles, vers les Etats du Sud des USA.

Comme toutes les ethnies opprimées, ils avaient besoin de se réunir et de chanter et danser ensemble, afin d’oublier un peu leurs peines et leurs misérables conditions de vie !

Leurs premiers instruments étaient tout simplement la voix pour la mélodie et les mains et les pieds pour le rythme. Ils chantaient des mélopées venant d’Afrique qui se modifièrent, avec le temps, en subissant l’influence de la musique des blancs, qu’ils pouvaient entendre autour d’eux, notamment les chants que les missionnaires leur apprenaient.

Tous ces chants étaient fortement rythmés, afin de favoriser la danse qui est pour eux inséparable de toute musique.

Vers le milieu du 19ème siècle, on a assisté à un bouillonnement artistique incroyable dans toute la population noire des USA, qui a débouché sur les Negro-spirituals, le Blues, puis le Jazz et la danse des claquettes,

 

ORIGINES DU JAZZ

 

LA MUSIQUE VOCALE

 

LA MUSIQUE RELIGIEUSE

-         Premiers contacts avec les Missionnaires et autres Révérends protestants

-         Naissance des Negro-Spirituals et du Gospel

-         Prêche des prédicateurs noirs

-         Groupes vocaux, chorales

 

-         Grandes solistes :Mahalia Jackson, Rosetta Tharpe, Marie Knight, Aretha Franklin,…

 

 

LA MUSIQUE PROFANE 

Works Songs (chant de travail), et depuis la deuxième partie du 19ème siècle (abolition de l’esclavage) le Blues dans lequel le Noir chante tout simplement ses joies, ses peines, c’est ainsi que tous les événements petits et grands peuvent devenir des sujets de Blues : l’alcool, l’argent, le jeu, les mauvais traitements, les catastrophes, les guerres, l’amour…..

Les premiers chanteurs de blues sillonnaient le sud des Etats-Unis en s’accompagnant d’une guitare, instrument facile à transporter et donnant des possibilités de mélodies et d’harmonie, ainsi que de rythme. Ils faisaient auprès de la communauté noire, la chronique vivante (chantée et dansée) des événements qui avaient retenus leur attention.

 

 

LA MUSIQUE INSTRUMENTALE 

 

Les fanfares à la Nouvelle-Orléans, qui donneront son INSTRUMENTATION aux orchestres de Jazz : Les CUIVRES (trompettes, trombones), les ANCHES principalement la clarinette puis par la suite les saxophones (soprano, alto, ténor et baryton). Ce sont les instruments mélodiques.

Les instruments rythmiques, chargés de fournir un soutien à la fois harmonique (en jouant la suite des accords des morceaux choisis) et rythmique (tempo, et au mieux swing), avec les tambours, grosses caisses, banjos, basse à vent (tuba). Le piano sera ajouté lorsque ces orchestres passeront de la parade, aux dancings et lieux de plaisirs. C’est ainsi que seront composés les orchestres de jazz !

La section rythmique comprend idéalement des 4 instruments suivants : piano, guitare, contrebasse à cordes, et batterie.

Les instruments mélodiques les plus courants sont, les trompettes, trombones, clarinettes et les membres de la famille des saxophones (soprano, alto, ténor, baryton). On peut citer aussi le vibraphone          et bien sûr, le piano comme la guitare qui peuvent  être rangés dans les instruments mélodiques, lorsqu’ils prennent des solos

 

COMMENT FONCTIONNE UN ORCHESTRE DE JAZZ ?

 

A l’origine, dans le style « New-Orleans », on pratique l’improvisation collective.

Trois instruments mélodiques : Trompette, clarinette, trombone, plus section rythmique.

La trompette joue sobrement la partie principale, autour de laquelle la clarinette brode, et le trombone par des glissandos donne une solide assise au trio. Sobriété, discipline et rigueur sont exigées de chacun des participants !

Vers la fin des années 20, apparition des grands orchestres, 12, 14 et plus de musiciens. En général, 3 ou 4 trompettes, 3 trombones, 4 à 6 saxophones, plus la section rythmique toujours composée du piano, de la guitare, de la contrebasse et de la batterie.

L’improvisation collective devient impossible, vu le grand nombre de musiciens, donc recours aux arrangements. Ils vont d’arrangements simples, mis au point par les musiciens de l’orchestre sur le champ ou au cours de répétitions, ce sont les head arrangements, à des arrangements plus complexes, écrits par des spécialistes, les arrangeurs. Ces derniers se servent de toute la palette offerte par les sonorités particulières des divers instruments pour créer des alliages sonores parfois très élaborés. Cependant de larges créneaux sont réservés aux solistes de l’orchestre, pour leurs improvisations !

Une grande discipline est indispensable, choix du thème, choix de la tonalité, chaque musicien connaît la suite des accords, car on suit le canevas harmonique avec précision :tout le monde est au même moment sur le même accord !

 

LES CARACTERISTIQUES ESSENTIELLES DU JAZZ

 

STRUTURES DU JAZZ

 

Plus de 80% du jazz enregistré est basé soit sur le blues de 12 mesures se découpant en 3 parties de 4 mesures chaque, schéma A A B, soit sur le thème de 32 mesures, se découpant en 4 parties de 8 mesures chaque, schéma A A B A, (soit 3 phrases A identiques) et la 4ème phrase B, s’appelle le pont, ou middle-part. 

Les arrangements sont généralement basés sur l’opposition traditionnelle entre les cuivres et les anches. Complémentarité aussi parfois. En dehors des parties arrangées, les solistes sont soutenus non seulement par la section rythmique, mais souvent par des phrases musicales jouées derrière le musicien, ce que l’on appelle des « backgrounds », et derrière un cuivre (trompette ou trombone) le background est fourni par les anches (les saxos), et derrière un saxo ce sont les cuivres qui assurent le fond musical. Ce soutien très efficace aide beaucoup les solistes au cours de leurs interventions improvisées. Ces accompagnements peuvent être des phrases plus ou moins complexes, d’autre fois, ce seront seulement, juste des « organ-chords », des accords d’orgue, de simples notes tenues par toute une section.

 

SONORITES , TRAVAIL DES SONS, DOIGTES FACTICES, VIBRATO, INFLEXIONS, EXPRESSIVITES, LES JAZZMEN VERITABLES ARTISANS DU SON !

Et cela ne peut être obtenu que par de longues années de travail et de pratique !

 

Certains musiciens, magnifiques techniciens, continuent journellement à s’entraîner (Tiny Grimes par exemple). Ils ont « avalé » leur instrument, n’ont plus à penser à la technique, qui n’est alors que le moyen pour pouvoir s’exprimer pleinement, pour toucher l’auditeur avec toutes les nuances souhaitables ! La musique des noirs n’a qu’un objectif transmettre des émotions !

LE RYTHME 

Musique à 4 temps, on accentue les temps faibles (2éme et 4éme) de la mesure. C’est l’after-beat. Les temps forts étant les 1ers et 3èmes. Ne pas oublier que les batteurs accentuent les temps faibles de la mesure ! Il faut écouter en premier la batterie !

 

 

LE SWING

La qualité suprême, obtenue lorsque la pulsation est souple et vivante, lorsque la musique donne envie de danser, car le jazz est une musique de danse !

Chaque musicien a sa propre manière de swinguer, et il est primordial que tous les musiciens de l’orchestre soient d’excellents swingmen, sinon il en va du rendement de l’équipe ! Un mauvais batteur ruine le travail de tout un orchestre !

 

LE STYLE MELODIQUE

C’est l’adaptation sur les instruments du style vocal des chanteurs soit de blues ou religieux. Le but du musicien c’est faire parler son instrument, pour mieux transmettre des émotions. Un solo improvisé, bien construit, inspiré, doit réellement « raconter » une histoire ! Pour se rapprocher encore plus de la voix humaine, les trompettes et trombones utilisent des sourdines, le style « wa-wa», le growl. Vibrato intense, inflexions, notes vibrées, le « shake », notes tenues,….Il faut être expressif, les jazzmen sont des artisans du son !

 

L’IMPROVISATION SUR UN THEME DONNE

Le thème est un prétexte, un tremplin pour l’improvisateur. Thèmes simples et courts, blues de 12 mesures, thèmes « songs » de 32 ou 16 mesures. Le musicien est un créateur à part entière, à la fois compositeur et exécutant de la musique qu’il improvise dans l’instant ! Jouer un chorus, c’est improviser sur la longueur du thème. Un solo peut s’étendre sur un, deux ou plusieurs chorus.

Lorsque l’un de ces éléments indispensables fait défaut,

on ne peut plus parler de Jazz !

 

LES GRANDS CENTRES DU JAZZ

 

D’abord la Nouvelle-Orléans !  Puis montée dans les années 20 à Chicago (c’est là que furent enregistrés les chefs d’oeuvre du Jazz). A partir de 1929-30 c’est New-York qui devint le principal centre du jazz. Cependant un centre très actif existait dans une ville du middle-ouest Kansas-City, où se jouait un jazz particulièrement dynamique (C.Basie, A.Kirk, Pete Johnson,….). De l’autre côté des USA, la Californie, vit arriver de nombreux artistes en provenance des Etats du sud-ouest du Texas principalement, vers les années 40.

 

LE JAZZ DANS LE MONDE

 

C’est la musique la plus vivante, la plus riche en émotions du 20ème siècle ! Son rayonnement et son influence ont été considérables sur toutes les autres musiques. Elle a envahi la planète et les hommes de tous les pays et de toutes les races, ont été émus et éblouis par la beauté et la sincérité vraie de cette musique, née des souffrances d’un peuple opprimé.

Cette musique traditionnelle se transmet de bouche à oreille, par l’exemple des anciens aux plus jeunes, d’un musicien à un autre, mais SANS rien changer à l’ESSENTIEL !

Le Jazz, musique traditionnelle dérivée des chants religieux Negro-spirituals, Gospel et des Blues doit respecter une authenticité et si certains de ses éléments PRIMORDIAUX et INDISPENSABLES sont abandonnés, tels que le SWING, la pulsation régulière, le style mélodique dérivé de l’art vocal,…on ne peut plus parler de Jazz.

 

 

Jacques MORGANTINI